VITICULTURE
Gel d’avril : les secteurs de Cerdon, Seyssel, Lhuis et Groslée particulièrement sinistrés

Margaux Balfin
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Dix jours après les gelées la Lune rousse, les viticulteurs du Bugey dressent un bilan plutôt « pessimiste » et affichent des pertes allant parfois jusqu’à 100 %. Quatre secteurs sont particulièrement touchés. 

Gel d’avril : les secteurs de Cerdon, Seyssel, Lhuis et Groslée particulièrement sinistrés
Les Chardonnay ont été particulièrement touchés, notamment chez Stéphane Trichon. Photo/Stéphane Trichon.

« Ça nécrose et ça meurt… ». Viticulteur à Lhuis, Stéphane Trichon est l’un des plus touchés de l’appellation. Près de 85 % de pertes sur ses 13 ha de vignes. L’une de ses parcelles a même gelé à plus de 100 %. « On se croirait en hiver ou en été, tout a grillé… La Mondeuse a un peu moins pris, elle doit avoir une certaine faculté à résister au froid. En 2021 déjà elle n’avait pas trop gelé ; mais j’ai des Pinot, Chardonnay et Gamay qui ont terriblement gelé », ajoute le viticulteur. 

Le spectre de 2021, devenu pour beaucoup le symbole récent d’une année que l’on ne veut pas revivre, s’est de nouveau installé. « C’est plus zoné qu’en 2021 », tempère toutefois Éric Angelot, viticulteur à Marignieu. Vice-président du syndicat des vins du Bugey et de Groupama, il craint de voir ces années catastrophiques se répéter. « Cela n’encourage pas à s’assurer, ça ne vaut plus le coup. À force de se répéter, les sinistres font baisser les moyennes olympiques du nouveau système assurantiel qui va bien pour de l’événementiel. »

Le vignoble touché à au moins 60 % en moyenne 

Face à l’ampleur des dégâts, le syndicat des vins du Bugey organisait mardi soir une réunion pour estimer les pertes sur l’ensemble du vignoble. Et Jean-Luc Guillon, son président, de préciser : « Nous avons fait une enquête auprès de nos adhérents. Près des trois quarts ont répondu. Pour l’instant nous avons une vision assez pessimiste mais peut-être y aura-t-il une amélioration au moment de la floraison. » Le viticulteur de Cerdon estime entre 50 et 60 % de pertes en moyenne sur l’ensemble de l’appellation. 

À Seyssel, les pertes plus importantes que prévues 

Du côté de Seyssel, les nouvelles ne sont pas meilleures non plus. « C’est un peu plus mal que ce que nous avions prévu. Des parcelles sont grillées jusqu’à 70 % », résume Loïc Bernard. Sur les 85 ha de l’appellation des vins de Seyssel, dont 95 % siègent à Corbonod, son président estime à au moins 30 % les pertes. C’est l’un des secteurs les plus touchés. Les Altesse (Roussette), cépage particulièrement fragile, sont les plus sinistrés. « C’est un cépage un poil plus précoce et plus tendre, mais il y a eu des dégâts sur d’autres cépages. Tout dépend de l’exposition. Certains s’en sortent mieux que d’autres. Chez moi, j’ai deux parcelles à 20 mètres l’une de l’autre ; la première est touchée à 50 % parce que dans une cuvette, dans un secteur moins aéré, l’autre à à peine 10 %. »