BILAN CLIMATIQUE
Un mois de juin orageux et perturbé

Le mois de juin a été perturbé : le retour de la chaleur a été accompagné de nombreux phénomènes orageux. Résultat : il a beaucoup plu en juin, permettant d’atténuer le déficit pluviométrique du début du printemps.

Un mois de juin orageux et perturbé
Les prés sont restés verts en ce mois de juin : douceur, pluie, orages et phénomènes particulièrement violents ont été les ingrédients du premier mois de l’été. ©SD

On se souviendra de ce mois de juin 2021 ! Douceur, pluie, orages et phénomènes particulièrement violents ont été les ingrédients du premier mois de l’été. Après deux mois plus frais que la normale, la chaleur a fait son retour en juin, avec une température mensuelle moyenne qui s’est établie à 20,5 °C, soit 2 °C de plus que les relevés de saison (période de référence 1981-2010), indiquait le 8 juillet le ministère de l’Agriculture dans sa note de climatologie pour juin. « La seconde décade a été particulièrement chaude avec un excédent de 4,2 °C au niveau national, contre 1 °C en début et fin de mois. » L’écart a été plus marqué dans le Nord (+ 2,8 °C), en Corse (+ 2,4 °C), dans le Centre-Est et le Sud-Est (+ 2,2 °C). Les tendances de ces vingt dernières années témoignent de mois de juin relativement chauds, notamment sur la dernière décennie, commentait la Chaine Météo dans son bilan climatique mensuel publié sur son site Internet le 30 juin. Juin 2003 restant celui qui a été le plus chaud de tous avec un excédent de températures de + 4,1 °C.

Fortes pluies et orages

Mais ce qui a été le plus marquant en ce mois de juin, ce sont ces pluies et ces orages à répétition et parfois violents. Les précipitations ont été de nouveau excédentaires sur une majeure partie de l’hexagone. Elles ont été supérieures de 44 % par rapport aux normales, avec des écarts très importants entre des régions particulièrement arrosées, le Nord (+ 87 %), le Sud-Ouest (+ 84 %) et l’Ouest (+ 82 %) et, à l’opposé, des territoires qui ont manqué d’eau : le Sud-Est (- 44 %) et la Corse (- 59 %). Dans le Centre-Est, l’excédent a atteint + 19 %.

Conséquence : le cumul des précipitations depuis le printemps est proche de la normale, à - 4 % sur l’ensemble du territoire (- 5 % dans le Centre-Est). « Après un mois de mai pluvieux, le déficit pluviométrique du début de printemps s’est fortement atténué. Les précipitations depuis début mars sont même excédentaires dans le Nord et le Nord-Est. Début juillet, les sols en surfaces sont plus humides que la normale, excepté près de la Méditerranée », détaillait Agreste.

Si l’été 2020 a été très peu orageux, en raison d’une ambiance certes chaude mais très sèche, il n’en est pas de même pour 2021. Les orages ont marqué le mois de juin, avec des phénomènes parfois violents : pluies fortes, cumuls d’eau très importants en peu de temps et vents tempétueux. Ce fut le cas le 10 juin à Nantua (Ain) ou encore le 20 juin à Annecy. Le 29 juin, il est tombé plus de 50 cm de grêle à Plombières-les-Bains (Vosges) !

Canicule dans le Rhône

En région Auvergne-Rhône-Alpes, la douceur a été bien présente en juin, avec une moyenne régionale de 17,8 °C, soit + 2 °C par rapport à la normale, analysait Météo France dans son résumé mensuel régional le 6 juillet. Début et fin de mois ont été plus frais, contrastant avec la vague de chaleur qui s’est abattue du 12 au 19 juin sur la région, avec des températures supérieures de + 5 °C par rapport aux normales. Le Rhône a été placé en vigilance orange canicule du 16 au 20 juin.

La pluviométrie a été excédentaire pour le deuxième mois consécutif, avec un cumul régional de 122,9 mm soit + 34 %, mais qui reste contrasté. « Quelques secteurs de la bordure Sud-Est de la région sont bien moins arrosés et touchés d'un fort déficit », précise en effet l’organisme de météorologie. Orages et grêle ont rythmé les journées de juin : à Nantua, le 10 juin, il est tombé 131 mm de pluies en 2 heures ; les 19 et 20 juin, des chutes de grêle et des fortes pluies « de l’ordre de 15 à 45 mm en une heure » ont parcouru la région ; idem les 27 et 28 juin, avec des « cellules orageuses peu mobiles, très intenses et grêligènes » en Auvergne, Loire, Rhône et Ain.

5e mois de juin le plus chaud

En région Bourgogne-Franche-Comté, la chaleur a largement prédominé en juin : l’excédent des températures a atteint 2,2 °C, indiquait Météo France dans son résumé mensuel régional le 5 juillet. « Avec une moyenne de 19 °C, juin 2021 se positionne comme le 5e mois de juin le plus chaud depuis 1948, loin toutefois derrière le record de juin 2003 qui enregistre une moyenne de 22,2 °C. » La région BFC a elle aussi été copieusement arrosée en ce mois de juin, avec des records de précipitations mensuelles. « Sur une large zone située du Val de Loire au Châtillonnais, en passant par le Morvan, la pluviométrie mensuelle est conséquente suite aux nombreuses vagues orageuses de forte intensité. Les cumuls situés entre 150 et 220 mm représentent 1,5 à 2 fois les normales. Sur la Nièvre, la Saône-et-Loire et la Côte-d'Or, plusieurs records de précipitations mensuelles sont battus, depuis 1946 », détaillaient les météorologues. L’excédent moyen atteint 40 %. Plusieurs épisodes orageux ont marqué la région, avec de la grêle et parfois des inondations.

Sébastien Duperay

PRAIRIES / Une pousse de l’herbe dans la norme

Le niveau de pousse des prairies permanentes est normal au niveau national en juin 2021 (indice Isop de 97), observe Agreste dans sa note de conjoncture Prairies publiée le 1er juillet. « L’alternance de périodes sèches et humides favorise une pousse régulière dans la plupart des régions », expliquent les statisticiens. La part de pousse réalisée au 20 juin représente 63 % de la pousse annuelle contre 65 % pour la référence 1989-2018, indique la note. Les trois quarts des régions présentent une pousse normale. Seuls les Pays de la Loire, où la situation s’est dégradée lors du dernier mois, et l’Occitanie sont déficitaires en cumul au 20 juin. La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur est excédentaire. Si les autres régions présentent des pousses de l’herbe dans la norme, la situation peut-être assez contrastée. Le nord de l’Auvergne présente un déficit quand la situation est localement excédentaire en Rhône-Alpes. De même, en Nouvelle Aquitaine, la situation est plus favorable dans le Limousin qu’au nord de Poitou-Charentes.