BILAN CLIMATIQUE
Un mois d'août sec et frais

Le ressenti d’un mois d’août maussade et bien frais se confirme. Après des mois de juin et juillet bien arrosés, août s’est révélé plutôt frais. Les conditions anticycloniques ont de leur côté engendré un déficit global d’ensoleillement. 

Un mois d'août sec et frais
D'après Agreste, la température moyenne s’est établie à 20,5°C en France métropolitaine, en baisse de 0,4°C par rapport à la normale. ©SD

Pour de nombreux Français, ce mois d’août gardera un goût assez désagréable. Il faut dire que la température moyenne s’est établie à 20,5°C en France métropolitaine d’après Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, en baisse de 0,4°C par rapport à la normale. Comme souvent, les régions méditerranéennes font exception à la tendance nationale mais dans le Centre, le déficit de température est bien marqué, jusqu’à -1,7°C sur la ville de Châteauroux. D’après le dernier bilan climatique de la Chaîne météo, il faut remonter à 2014 pour retrouver un mois d’août aussi frais, les six dernières années présentant des mois d’août chauds, en témoigne la canicule observée en 2020. Ce mois d’août est d’ailleurs le plus froid de l’été 2021.

De nombreux nuages au-dessus du pays

Après trois mois pluvieux, août est apparu plus sec que la normale malgré des pluies fréquentes en début de mois. Le mois se termine avec un déficit de précipitations de 37 % par rapport à la normale, analyse Agreste. Le déficit est faible dans le Nord-Est mais important dans le reste du pays. La pluviométrie cumulée depuis mars est normale en moyenne, mais très contrastée géographiquement avec un déficit important près des Pyrénées et en Corse alors que le Nord-Est est en excédent. Les sols sont secs près de la Méditerranée et des Pyrénées mais humides au Nord de la Loire en l’absence de fortes chaleurs et en raison de fortes pluies les mois précédents. D’après la Chaîne météo, l’ensoleillement était globalement déficitaire en ce mois d’août, notamment sur une large moitié Nord en raison d’un flux maritime de secteur Ouest à Nord-Ouest qui a apporté beaucoup de nuages. Ce mois d’août a également réservé moins de soleil que d’habitude près des Pyrénées, sur le Sud de la Nouvelle-Aquitaine ou les Cévennes. En revanche, le golfe du Lion a bénéficié de conditions beaucoup plus favorables que le reste du pays sous l’effet conjugué du mistral et de la tramontane. Témoins directs du réchauffement climatique, plusieurs évènements extrêmes ont par ailleurs été observés, comme des orages qui ont engendré de violentes rafales et des inondations à Issoire (Puy-de-Dôme) le 12 août, à Saint-Avold (Moselle) le 21 août et à Pignans (Var) le 24 août. Citons aussi les incendies qui ont fait rage dans le massif des Maures en Provence les 18 et 19 août, emportant avec eux 7 000 ha de forêts.

Canicule dans la Drôme et l’Ardèche

En région Auvergne-Rhône-Alpes, la fraîcheur estivale s’est poursuivie au mois d’août d’après Météo France. Les moyennes des températures minimales ont été proches des moyennes saisonnières. Les températures maximales se sont quant à elles situées 1°C en-dessous des normales de saison, notamment dans l’Allier, le Puy-de-Dôme, la Loire, le Rhône, l’Ain et l’Isère. Les huit premiers jours du mois ont été frais. Les températures se sont ensuite élevées jusqu’au 15, avant une chute brutale jusqu’à la fin du mois. Notons l’épisode caniculaire qui a touché la Drôme et l’Ardèche du 12 au 15 avec des températures supérieures à 39°C à Vinsobres (Drôme) et Grospierre (Ardèche). La première quinzaine s’est révélée bien arrosée. Les déficits se sont échelonnés de 15 à 30 % à l'Est du Rhône et de plus de 40 % à l'Ouest. Les sept premiers jours du mois ont été très pluvieux avec plusieurs passages orageux avec des pluies intenses ont été observés le 7 dans la Drôme, le 12 dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et la Loire et le 15 en Ardèche et en Isère. La deuxième quinzaine s’est quant à elle révélée quasiment sèche. Les durées d'ensoleillement étaient de leur côté proches des normales : déficitaires au Nord de l’axe le Puy-en-Velay (Haute-Loire) - lac Léman (Haute-Savoie) mais légèrement excédentaires au Sud de cet axe.

Des températures basses en BFC

Alors que les mois d'août des six dernières années étaient bien plus chauds que la normale, la fraîcheur s'est installée en août 2021. D’après Météo France, la température moyenne s’est située à 18°C, soit 0,84°C en-dessous de la normale. La première décade a été très fraîche, avec des maximales souvent bien inférieures à 25°C. Le 4, une des journées les plus froides, le mercure a plafonné entre 17 et 20°C contre une normale de saison d'environ 25°C habituellement. Le soleil a fait son retour à partir du 10, permettant de faire grimper les températures qui se sont même élevées au-dessus des 30°C du 12 au 15. La température maximale pour la région a été relevée à Dijon le 14 : 34.2°C. Dès le 16, les températures ont chuté et les maximales ont perdu près de 10°C. En deuxième moitié du mois, l'ambiance est restée plutôt fraîche pour la saison avec un mercure quasiment toujours en-dessous des normales. Cette fraîcheur s'est accompagnée d'un important déficit d'ensoleillement, avec quarante heures de moins par rapport à la normale. Côté précipitations, le cumul pluviométrique s’est révélé déficitaire dans toute la région après trois mois bien arrosés. Avec un cumul agrégé de 46 mm à l’échelle de la région, août 2021 a enregistré un déficit moyen de 41 %. On peut toutefois observer une disparité entre les départements. Sur le Jura, département le plus arrosé de la région, cet été se situe à la cinquième position des étés les plus pluvieux avec 482 mm d'eau, soit un excédent de 45 %. Notons par ailleurs quelques évènements violents, comme les orages qui, le 12, ont touché la Saône-et-Loire et le Sud Franche-Comté parfois accompagnés de grêle et de fortes rafales.

Pierre Garcia

PRAIRIES / Un niveau record pour la production d’herbe

Au 20 août, la production cumulée des prairies permanentes s’est révélée supérieure de 22 % à la norme au niveau national, selon Agreste. L’indice de rendement Isop, qui était de 110 au 20 juillet, a atteint 122. La production cumulée a dépassé la pousse annuelle de référence (101 %) alors qu’à cette période de l’année, seulement 83 % de la production annuelle est habituellement atteinte. Depuis 1989, la production cumulée n’a jamais été aussi importante à ce stade de l’année : les pluies fréquentes et l’absence de trop fortes chaleurs expliquent ces bons niveaux. La pousse cumulée a été normale sur l’ensemble de l’Occitanie et de la région Paca mais excédentaire ailleurs, notamment dans la moitié Nord de la France. L’indice ISOP s’est encore amélioré sur la quasi-totalité du territoire, excepté dans le Sud de l’Aquitaine et de l’Occitanie. En Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Grand-Est, Hauts-de-France et Normandie, la majorité des régions fourragères ont connu une pousse excédentaire. L’indice de rendement ISOP a dépassé 130 dans un tiers des régions fourragères. Dans plus de la moitié des régions fourragères, la production cumulée au 20 août a déjà dépassé le niveau moyen attendu en fin d‘année.

Pierre Garcia

NAPPES / Vidange active et tendances en baisse

En août, d’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), la situation des nappes a peu évolué par rapport à juillet. La vidange est restée active et les tendances sont apparues à la baisse comme souvent à cette époque de l’année. La situation au mois d’août s’est néanmoins révélée satisfaisante avec des niveaux comparables voire au-dessus des moyennes mensuelles notamment pour les nappes inertielles. Des tendances inhabituelles qui sont la conséquence d’une infiltration lente en profondeur des fortes pluies de juin et juillet. Les nappes inertielles des formations plio-quaternaires et des couloirs fluvioglaciaires du Rhône et de la Saône ont particulièrement été concernées par ce phénomène. Des tendances stables ont également été observées localement sur la nappe de la Beauce et sur la nappe de la craie normande. Les niveaux ont été moins satisfaisants sur les nappes du Berry, de l’Adour, du Gave de Pau, du pourtour méditerranéen et de Corse. En septembre, le niveau des nappes inertielles devrait continuer à baisser. Concernant les nappes réactives, les tendances dépendront essentiellement des pluies efficaces locales et des demandes en eau. La situation des nappes inertielles et réactives devrait rester satisfaisante sur une grande partie du territoire. Les niveaux pourraient devenir préoccupants sur les nappes réactives du pourtour méditerranéen et notamment en Provence.

Pierre Garcia