INSTALLATION
Dorine Chamonal, 25 ans, éleveuse porcine à Saint-Martin-du-Mont

Patricia Flochon
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À 25 ans, Dorine Chamonal est une cheffe d’entreprise agricole qui déborde d’énergie et de projets. En janvier 2022 elle rejoignait le Gaec de l’Orme, à Saint-Martin-du-Mont. Un élevage de porcs naisseur engraisseur qui conjugue rentabilité économique, innovation et bien-être animal. Rencontre.

Dorine Chamonal, 25 ans, éleveuse porcine à Saint-Martin-du-Mont
Une jeune éleveuse motivée par la génétique, les résultats économiques, le bien-être animal. Photo/PF

 
Quel a été votre formation et votre parcours avant de vous installer en Gaec ?
Dorine Chamonal : « J’ai obtenu un Bac Pro technicien en expérimentation animale en 2016, au lycée professionnel privé rural de l’Ain de Villars-les-Dombes. Suivi d’un BTSA production animale au Sardières en apprentissage. Puis j’ai été salariée agricole pendant un an et demi dans un élevage de porcs plein air et transformation à la ferme. J’ai ensuite effectué mon stage de pré-installation au Gaec de l’Orme, pendant dix-huit mois, avant de m’installer en janvier 2022 ».
 
Qu’est-ce qui vous a motivée à vous investir dans un élevage porcin et plus globalement à embrasser le métier d’agricultrice, bien que n’étant pas issue d’une famille d’agriculteurs ? 
D. C. : « J’ai toujours aimé les animaux. Je suis tombée un peu par hasard sur la production porcine. Ce qui me plaît, c’est le contact avec l’animal, mais aussi d’avoir des résultats. Il y a beaucoup d’avancées au niveau génétique, alimentation… Ce sont aussi les responsabilités au sein du Gaec : gérer des salariés, faire partie du groupement de producteurs de porcs Cirhyo, être à la fois autonome dans mon travail et impliquée dans les décisions du Gaec ».
 
Quelle est la journée type d’une éleveuse porcine ? Comment sont réparties les tâches au sein de l’exploitation ? 
D. C. : « La journée commence à 7 h, pour le repas des truies, le nettoyage, le suivi du troupeau, la gestion des maternités (santé, alimentation, etc.). Puis à 8 h, la pause-café. Après, aucune journée ne se ressemble vraiment. C’est assez polyvalent. On adapte le travail en fonction des saisons. Je m’occupe principalement des inséminations, la gestion du troupeau, des maternités, les formules de fabrication de l’alimentation, et toute la partie reproduction. Je vais également en formation pour évoluer. Concernant l’organisation, deux associés, Gilles et Matthieu, gèrent les cultures, l’administratif, la maintenance, la nurserie et le départ des porcs charcutiers. Reynald travaille avec moi sur la partie reproduction ainsi que la vente directe et magasins de producteurs ».
 
Comment s’est déroulée votre installation, et quelle a été la réaction de votre entourage proche à l’annonce de votre souhait de vous associer ?
D. C. : « Ma famille n’a pas été surprise par mon choix. Mes amis non plus. J’ai reçu beaucoup de soutien et mon père m’a encouragée à m’installer. Au départ en retraite de Roger Grange, j’ai racheté ses parts sociales. J’ai obtenu également la DJA. L’installation a été un peu compliquée ; du fait du contexte de guerre en Ukraine, du covid, les banques étaient un peu plus frileuses, mais on y arrivé. Economiquement, c’est un bon projet dans le temps, une activité rémunératrice ».
 
Quels sont les atouts de l’exploitation et quels sont les projets pour l’avenir ?
D. C. : « La fabrication d’aliments à la ferme valorise les céréales de l’exploitation, soit environ 6 tonnes par jour d’aliments fabriqués, dont j’élabore la formulation. Le Gaec a investi dans quatre trackers solaires qui produisent 30 % de la consommation totale d’électricité de la ferme. Pour le traitement des effluents, nous avons un séparateur de phase et épandage sans tonne de lisier ; ainsi qu’un laveur d’air en engraissement pour la neutralisation des odeurs. Sur le volet bien-être animal, mes associés ont investi dans des cages maternité avec ascenseurs évitant aux mères d’écraser ou de blesser les porcelets. Nous avons le projet de refaire le bâtiment truies dans deux ans : box saillies et bloc truies gestantes, ainsi qu’un projet d’engraissement sur paille pour une valorisation en label rouge ».