NÉGOCE
Savoir accompagner et fidéliser ses collaborateurs

Le 4 avril, lors du congrès régional organisé près de Lyon, la Fédération du négoce agricole s’est saisie de plusieurs questions managériales qui agitent les groupes de négoce agricole en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté.

Savoir accompagner et fidéliser ses collaborateurs
Le congrès régional de la Fédération du négoce agricole s’est déroulé au Groupama Stadium, prés de Lyon, le vendredi 4 avril. ©Léa Rochon / Apasec

Selon une enquête de l'Observatoire des trajectoires professionnelles, 1 actif sur 3 a connu une transition professionnelle en 2018, contre 1 sur 4 auparavant. Ces transitions concernent 80 % des 18-26 ans contre moins de 50 % précédemment. En parallèle, l’envie de démission augmente. Dans un contexte de monde du travail en mouvement, nombre d’entreprises, tous secteurs confondus, se demandent comment fidéliser leurs collaborateurs. Afin de répondre à ce phénomène relativement nouveau, la Fédération du négoce agricole a organisé une table-ronde lors du congrès des négociants des régions Auvergne Rhône-Alpes et Bourgogne Franche-Comté. Trois invités ont partagé leurs expériences managériales : Vanessa Ebeyer, directrice des ressources humaines du Groupe Bernard (Ain), Raphaël Jeudy, dirigeant des Ets Jeudy (Allier) et Pierre Gay, gérant de la Minoterie Gay (Saône-et-Loire).

Un changement de « la valeur travail »

Vanessa Ebeyer l’admet sans ciller : « Les problématiques que nous rencontrons sont surtout les mouvements de personnel ». Mais selon la directrice des ressources humaines, ce défi n’est lié, ni à l’âge des salariés, ni à la crise sanitaire traversée il y a quatre ans. « En réalité, c’est la valeur travail qui a changé, et ce, peu importe l’âge et le milieu. Dorénavant, même des cadres de direction demandent du télétravail ou si le travail peut se faire sur quatre jours. Des questions que nous n’avions pas du tout avant et qui montrent que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, ce n’est pas juste une belle salle de pause et des tickets-restaurant. »

Une fois les bons collaborateurs embauchés, reste la difficile tâche de les fidéliser.  Un enjeu auquel Raphaël Jeudy a longuement réfléchi. Selon le chef d’entreprise, l’accompagnement est une étape cruciale qui peut prendre plusieurs formes. « Il est possible de s’appuyer sur un parrain dans la structure, mais aussi de réaliser une information interne, qui permet de faire passer des messages et d’apporter de la convivialité. » Au sein de la Minoterie Gay, le gérant Pierre Gay, a fait le choix d’organiser chaque une année une soirée au club de basket-ball. « Au-delà de cet aspect convivial, je pense que ce qui fidélise, c’est ma présence quotidienne au sein de l’entreprise et également une prime d’intéressement annuelle, qui est un super outil de motivation. »

Autant d’éléments qui n’assurent pas toujours la parfaite stabilité d’une équipe. Pour faire face au manque de candidats en CDD lors de périodes de congés ou d’arrêts-maladies, Raphaël Jeudy admet avoir parfois recours à ses anciens salariés partis en retraite. « Je n’imaginais pas la force du retraité qui revient travailler, pourtant certains veulent encore filer un coup de main et c’est une agilité dont nous avons besoin… Ils savent que c’est un travail sur du court terme et que ce n’est pas engageant pour eux, puisqu’ils ne jouent pas leur carrière et sont même beaucoup plus ouverts avec nos jeunes salariés. » Cette table-ronde a finalement fait ressortir trois mots d’ordre : patience, agilité et adaptation envers les collaborateurs qui font partie de ce nouveau monde du travail.

Léa Rochon