BLEU DE GEX
Un premier renvoi de l’INAO pour le nouveau cahier des charges

Margaux Balfin
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Validé lors de la dernière assemblée générale au printemps dernier, le projet de révision du cahier des charges est arrivé sur le bureau de l’INAO dans la foulée. Depuis, un premier renvoi a déjà été fait auprès du syndicat interprofessionnel du Bleu de Gex Haut-Jura.

Un premier renvoi de l’INAO pour le nouveau cahier des charges
Photo d'illustration/MB

Le conseil d’administration du syndicat interprofessionnel du Bleu de Gex Haut-Jura s’est réuni ce jeudi 14 décembre pour travailler sur la reformulation de certains critères. L’ODG et l’INAO se sont ensuite rencontrés ce lundi à Dijon pour plancher sur cette première mouture. « Le souhait de l’INAO, c’est que la formulation des critères soit facilement contrôlable sur les exploitations. L’INAO a aussi travaillé sur d’autres cahiers des charges comme ceux du Comté et du Morbier et nous demande aujourd’hui de nous harmoniser ou de justifier notre incapacité à le faire », explique Nicolas Cannelle, président du syndicat interprofessionnel du Bleu de Gex. 
 
Les principaux critères 
 
Pour ce qui est des critères, l’ODG s’aligne entre autres sur le cahier des charges du Comté en matière d’affouragement au vert avec 75 jours maximum par an. « Nous allons même un peu plus loin avec l’interdiction du maïs vert », ajoute Nicolas Cannelle. Pour les doses de fertilisants, le nouveau cahier des charges prévoit de conserver 20 uN minéral/ha/an mais de passer de 120 uN/ha de SF/an à 100 uN/ha de SF/an. S’il est validé ainsi, la surface de pâturage obligatoire par vache pourrait également augmenter de 1 ha/VL à 1,5 ha/VL pour favoriser un système herbager extensif. Quant à la traite, l’ODG réaffirme son souhait de ne pas robotiser la traite. Et Nicolas Cannelle de préciser : « Dans la dernière révision, il y avait seulement une obligation de traite deux fois par jours à des heures régulières, ce qui pour nous suffisait à interdire le robot de traite, mais avec les innovations technologiques, cela n’est plus suffisant donc cette fois-ci nous avons clairement inscrit l’interdiction du robot de traite. »
C’était le principal point d’achoppement avec une partie de la profession des éleveurs de l’AOP, certains souhaitant passer en robot de traite, le Gaec des anges à Montanges dans l’Ain en tête. L’exploitation a installé son robot il y a trois semaines. « L’interdiction du robot de traite n’est pas inscrite clairement dans le cahier des charges actuel. Nous leur avons dit que nous étions contre, mais ils n’ont pas écouté. Ils nous ont foutu dehors », résume Lorie Petellat. La mère de famille, éleveuse avec son compagnon, se réjouit toutefois de ses nouvelles conditions de travail. « Le robot change beaucoup de choses. Nous en couple sur la ferme donc cela nous apporte plus de flexibilité pour être avec notre fille et pour l’école aussi. Une vie de famille à côté de la ferme c’est bien aussi. » 
 
La zone de l’AOP va évoluer 
 
En conséquence, l’exploitation est sortie de l’AOP et ne peut désormais plus livrer son lait à la coopérative de Chézery-Forens dont elle était l’un des principaux apporteurs. Une perte de 400 000 litres pour la laiterie. « On s’y attendait depuis le temps qu’on en parle. Pour le mois de décembre, ça va être encore plus compliqué de livrer nos clients », concède Martin Flaugère son président. La coopérative aurait des pistes pour aller chercher d’autres producteurs, mais entre la concurrence, avec un prix du lait élevé, et une zone d’appellation restreinte, Martin Flaugère sait qu’il sera difficile de compenser cette perte. Le président espère que l’agrandissement de la zone sera bientôt effectif. 
C’est l’autre changement de taille inscrit dans le projet de révision. Si le futur cahier des charges n’est pas encore validé par l’INAO, pour Nicolas Cannelle il n’y a pas de doute, la zone sera très certainement élargie : « Aujourd’hui une zone n’est pas concernée par le Bleu de Gex, pourtant nous avons retrouvé des documents qui prouvent qu’historiquement on en produisait. » Un territoire sur lequel des exploitations pourraient être intéressées pour rejoindre l’AOP.  
La commission d’enquête de l’INAO devrait être constituée au printemps pense Nicolas Cannelle, après le passage du Comté en commission permanente.