ÉNERGIE
Saint-Jean-le-Vieux : une nouvelle unité de méthanisation double-voies sortira bientôt de terre

Margaux Balfin
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C’est l’un des deux projets d’unité de méthanisation engagés aux alentours d’Ambronay. Il devrait voir le jour d’ici l’année prochaine et présentera la particularité de proposer deux types de digestat, compatible en agriculture conventionnelle ou en agriculture biologique. Une première dans l’Ain. 

Saint-Jean-le-Vieux : une nouvelle unité de méthanisation double-voies sortira bientôt de terre
Comme le précise, Cédric Gardoni, l’un des porteurs de projet à la tête d’Agri service environnement (ASE), l’unité de méthanisation sortira de terre sur une parcelle de 3,3 ha dans la zone Écosphère à cheval sur Saint-Jean-le-Vieux et Pont-d’Ain. Photo/MB

« L’originalité du projet c’est qu’il y aura deux lignes de méthanisation et le digestat, comme le compost, pourront (pour une partie) être utilisables et compatibles avec l’agriculture biologique », explique Cédric Gardoni, d’Agri service environnement (ASE), une entreprise spécialisée dans la production de compost et de bois énergie et engagée au sein de la société SAS Bio Énergie Bugey. Créée fin 2022 pour porter le projet de la future unité de méthanisation, elle associe également l’EARL de Lormet, la Ferme Dufour et la SCEA ABL pour 600 ha de SAU en agriculture conventionnelle et 150 ha de SAU en AB. Ils sont entre autres accompagnés par le groupe Brunet et Belenergia. 

Quant à l’unité de méthanisation, elle sera construite Route de Bourg dans la Zone d’activité concertée (ZAC) Écosphère innovation, à cheval sur les communes de Pont-d’Ain et Saint-Jean-le-Vieux, sur une parcelle de 3,3 ha, adjacente aux entrepôts de la société de logistique Dachser et appartenant aux porteurs de projets. Accessible depuis l’embranchement entre la D1084 et la D12, la parcelle présente également l’avantage de pouvoir être facilement raccordée aux réseaux d’eau et de gaz existants. 

40 % des apports seront des biodéchets  

À terme, une dizaine d’exploitants agricoles, tous situés dans un rayon de 15 km au maximum, devraient participer à l’approvisionnement en intrants de la nouvelle unité de méthanisation, pour 20 à 25 % en effluents d’élevage et 30 à 35 % de CIVE*. Des céréaliers, mais aussi des éleveurs, à la fois en agricultures conventionnelle et biologique. Environ 40 % des apports proviendront aussi directement de l’agroalimentaire et de biodéchets triés à la source, entre autres récupérés auprès de communautés de communes ou restaurants. Ces derniers seront déconditionnés et passeront par une phase d’hygiénisation obligatoire (montée en température des matières premières), directement sur le futur site. Et Cédric Gardoni de souligner : « Pour moi la méthanisation est la meilleure technique de valorisation de ces déchets de restauration et produits alimentaires, afin d’utiliser leur potentiel énergétique dans le cadre d’un retour au sol ». Le tout pour une production en pleine puissance de 260 Nm3 de gaz en injection, soit l’équivalent de la consommation moyenne de 3 500 foyers. Le montant du projet final est estimé à plus de 10 M€, financés pour la majeure partie avec de fonds privés, et pour un retour sur investissement en moins de dix ans. « Nous cherchons tout de même des subventions, même s’il n’y a rien de sûr », concède Cédric Gardoni. 

Du compost produit à partir de la méthanisation de biodéchets

Concrètement, deux systèmes de méthanisation seront réunis dans la même unité : une voie à pistons, dédiée à la valorisation en AB, et une voie liquide, davantage orientée pour un épandage en agriculture conventionnelle. En plus des différents compartiments dédiés au stockage, notamment des biodéchets et du fumier, un biodôme accueillera le digestat afin de le faire maturer sous forme solide. Il sera in fine proposé aux agriculteurs investis dans la méthanisation sous forme de compost. « Nous allons essayer de travailler sur notre parcellaire et la gestion de notre digestat pour arriver à épandre sans tonne ; au moins pour une partie d'entre nous, le but étant que ce principe puisse être dupliqué chez d'autres partenaires agricoles du projet », ajoute Cédric Gardoni. Ce dernier estime que quatre à cinq poids lourds par jour pourraient circuler entre l’unité de méthanisation et les points d’apport et d’épandage. 

Si le permis de construire a été accordé, le contrat avec GRDF signé, tous les devis n’ont pas encore été validés. Des discussions avec la DDPP sont par ailleurs en cours pour arrêter le plan d’épandage. La pose de la première pierre n’est pas prévue avant la fin de l’année voire début 2025.

*Cultures intermédiaires à valorisation énergétique.

Margaux Balfin